Le Silicium organique de Loïc Le Ribault
 

Extrait du livre de Laure POULIQUEN                                                          

page 113 - Edition Guy TREDANIEL

«  En 2002, Maître Philippe AUTRIVE – Avocat au Barreau de Paris, résumait parfaitement la situation actuelle de la recherche médicale en France.

Qu’est ce qui peut se passer pour un petit promoteur qui présente un grand produit ?

Moi, je dirais d’abord que ces jours sont comptés, et il a quand même peu de chances d’y arriver, d’abord parce qu’il lui faut trouver au bas mot, dix millions de francs ( 1 524 490 €), c’est pas évident.

Mais supposons qu’il les trouve, il va falloir qu’il passe toutes les strates des expertises, des analyses... et là il y a une chape de plomb, en France notamment, lorsque l’on n’appartient pas au sérail académique ou scientifique.

Mais admettons qu’il passe les différentes barrières des essais dans les hôpitaux, dans les laboratoires…il lui faudra ensuite avoir beaucoup d’énergie et de volonté pour faire reconnaître son médicament.

Ce qu’il faut savoir, c’est que sa demande se terminera sur les bureaux des experts de l’agence des produits sanitaires ; les experts donneront leur assentiment ou pas ; et il y a peu de chances qu’ils l’obtiennent tant qu’il n’existe pas d’experts indépendants.

Je rappelle quand même qu’il ressort des obligations du médecin, de son code de déontologie, de proposer, d’informer, de susciter, le choix (des thérapies), et même si la molécule n’a pas l’autorisation de mise sur le marché.

C’est important.

Cela veut dire que le médecin n’est pas obligé de prescrire un médicament qui a l’A.M.M (autorisation de mise sur le marché), il a l’obligation de soigner, ce qui n’est pas pareil. Par conséquent, il peut même aller choisir une molécule qui n’a pas l’autorisation en France, mais qui posséderait une autorisation à travers l’Europe, dans un autre pays, parce qu’il considère qu’elle sera bénéfique et qu’elle peut soigner son malade, à condition, bien entendu, d’informer celui-ci (…).

On peut s’étonner, et sur ce point les choses sont très graves. Lorsqu’un petit promoteur ou un petit chercheur trouve un produit qu’il estime efficace dans le traitement d’une maladie grave, le gouvernement se contente d’invoquer le Code de la Santé Publique, alors que l’Etat, à mon avis, s’agissant d’un produit qui pourrait être efficace, par exemple contre le cancer ou le sida, devrait prendre ses responsabilités et dire : « On va aider ce petit chercheur, ce petit promoteur à régler ces problèmes de réglementation, mais avant tout on va s’attaquer au fond du problème, on va essayer, parce que si c’est efficace, on sauve des millions de personnes. »